







Le satyre Marsyas, originaire de Célènes en Phrygie, était fils d’Hyagnis qui passe pour l’inventeur de
l’harmonie phrygienne. A l’école et sous la direction d’un père qui composa des cantiques pour les divinités de son pays, Marsyas ne tarda pas à exceller dans la musique.
La déesse Athéna fabriqua une flûte à deux tuyaux avec des os de cerf (afin d'imiter les lamentations des Gorgones pour leur soeur Méduse, vaincue par Persée), et en joua à un
banquet des dieux. Lorsqu'elle jouait, son visage était déformé, Héra et Aphrodite en riaient, en se cachant derrière leurs mains. Athéna se retira donc, seule, dans un bois en Phrygie, et lança
au loin l'instrument de son malheur en le maudissant.
Or, Marsyas découvrit la flûte et, nullement ébranlé par la malédiction d'Athéna, se mit à jouer, devenant si habile, qu'il parcourut la Phrygie dans la suite de Cybèle,
enchantant les paysans qui s'exclamait qu'Apollon lui-même n'aurait pu jouer mieux, même sur sa lyre !
Cela provoqua, bien sûr, la colère d'Apollon qui lui proposa un concours dont le vainqueur infligerait au vaincu le châtiment qu'il voudrait.
Les deux concurrents avaient peine à se départager, si bien qu'Apollon défia Marsyas de jouer de son instrument à l'envers, ce qui est possible pour la lyre, mais pas pour la
flûte.
La cruauté avec laquelle Apollon traita le vaincu fit voir combien il avait été surpris et indigné d'une si habile résistance : l'infortuné satyre fut attaché à un pin et
écorché vif.
La chaleur de son ressentiment passée, Apollon, se repentant de sa barbarie, déposa sa lyre près de la flûte de Marsyas.
Le sang de Marsyas, et les larmes versées par les nymphes et les satyres, privés des enchantements de sa flûte, formèrent le fleuve de Phrygie qui porte son nom.
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