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Ecoutez! Listen!

Un véritable coup de foudre pour ta musique. Subtile, puissante, originale et belle. Bravo sincère. Marc Steckar


















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Les Voyages De Gulliver -...
 
Whispering Wind Full Scor...
29 avril 2006 6 29 /04 /avril /2006 20:19

             Le nom de Strauss est célèbre aujourd'hui dans toute l'Europe dansante; il est attaché à une foule de valses capricieuses [...]. On conçoit donc qu'on tienne beaucoup à ne pas voir de telles valses contrefaites, un pareil nom contreporté.
             Or, voici ce qui arrive. Il y a un Strauss à Paris *, ce Strauss a un frère; il y a un Strauss à Vienne, mais ce Strauss n'a point de frère! c'est la seule différence qui existe entre les deux Strauss. De là des quiproquos fort désagréables pour notre Strauss, qui dirige avec une verve digne de son nom les bals de l'Opéra-Comique et tous les bals particuliers donnés par l'aristocratie. Dernièrement, à l'ambassade d'Autriche, un Viennois, quelque faux Viennois, à coup sûr, aborde Strauss et lui dit en langue autrichienne :
             - Eh! bonjour, mon cher Strauss; que je suis aise de vous voir! Vous ne me reconnaissez pas?
             - Non, monsieur.
             - Oh! je vous reconnais bien, moi, quoique vous ayez un peu engraissé; il n'y a d'ailleurs que vous pour écrire de pareilles valses. Vous seul pouvez diriger et composer ainsi un orchestre de danse, il n'y a qu'un Strauss.
             - Vous êtes bien bon; mais je vous assure que le Strauss de Vienne a aussi du talent.
             - Comment! le Strauss de Vienne? Mais c'est vous; il n'y en a pas d'autre. Je vous connais bien; vous êtes pâle, il est pâle; vous parlez autrichien; il parle autrichien; vous faites des airs de danse ravissants.
             - Oui.
             - Vous accentuez toujours le temps faible dans la mesure à trois temps.
             - Oh! le temps faible, c'est mon fort!
             - Vous avez écrit une valse intitulée le Diamant?
             - Etincelante!
             - Vous parlez hébreu?
             - Very well.
             - Et anglais?
             - Not at all.
             - C'est cela même, vous êtes Strauss; d'ailleurs votre nom est sur l'affiche?
             - Monsieur, encore une fois, je ne suis pas le Strauss de Vienne; il n'est pas le seul qui sache syncoper une valse et rythmer une mélodie à contre-mesure.
             [...]


             Là-dessus le Viennois incrédule, de laisser notre Strauss fort irrité et très en peine de faire constater son identité; tellement qu'il est venu me trouver afin que je le débarrasse de cette sosimie. Donc pour cela faire, j'affirme que le Strauss de Paris, très pâle, parlant à merveille l'autrichien et l'hébreu, et assez mal le français et pas du tout l'anglais, écrivant des valses entraînantes [...]; j'affirme dis-je, que ce Strauss habite Paris depuis fort longtemps, qu'il a, depuis dix ans, joué de l'alto à tous mes concerts [...].
             En conséquence, les Viennois n'ont qu'à se le tenir pour dit, garder leur Strauss et nous laisser le nôtre. Que chacun rende enfin à Strauss ce qui n'est pas à Strauss, et qu'on n'attribue plus à Strauss ce qui est à Strauss; autrement on finirait, telle est la force des préventions, par dire que le strass de Strauss vaut mieux que le diamant de Strauss, et que le diamant de Strauss n'est que du strass.



    * Isaac Strauss (1806-1875), qui se produisit à Paris comme violoniste et chef d'orchestre depuis 1827, a dédié à Berlioz une valse, "Le Diamant". Le Strauss de Vienne dont il est question est Johann (1804-1849).


Hector Berlioz, Journal des Débats (30 janvier 1842)



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28 avril 2006 5 28 /04 /avril /2006 23:48

             Le 21 avril dernier a été créée "Odysseia", par l'harmonie d'Eybens, dans le nouvel auditorium l'Odyssée d'Eybens, devant un public réceptif...




             Le travail a été long et difficile, puisque nous avions déjà travaillé sur une première partie de la pièce en cours d'écriture alors, en novembre 2005...














          Je suis alors retourné à Eybens début mars pour appronfondir le travail sur la totalité de la pièce... J'ai d'ailleurs fait encore quelques corrections suite à ce travail ; notamment la toute fin de la pièce pour laquelle je n'avais pas réussi à trouver l'aboutissement...












          Après 2 essais, j'avais trouvé la véritable fin, qui en réalité n'en ai pas vraiment une, puisqu'alors, dans l'histoire, Ulysse continue son voyage pour retrouver ses terres et Pénélope...
        Nous avons créé la pièce en fin de concert, et, en bis, nous la jouions une seconde fois ; les musiciens, après tant de labeur, ont finalement apprécié et rendu Odysseia comme il le fallait, et de ce fait, le public l'a également appréciée, ce qui ne semblait pas être acquis... Je remercie donc les musiciens de l'harmonie d'Eybens et leur chef, Marie-Laure Bouvier, pour leur confiance, leur patience, leur travail...


























Je vous propose, "en exclusivité", une petite vidéo avec des extraits d'une répétition de "Odysseia"...


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27 avril 2006 4 27 /04 /avril /2006 14:12

                J'ai présenté pour l'année 2006 un dossier pour l'obtention d'un des Prix SACEM de musique "contemporaine" ou symphonique... Parmi ces Prix :
- Prix des jeunes compositeurs
- Prix Claude Arrieu qui récompense un compositeur de moins de 40 ans, installé et actif en région
- Prix de la meilleure création contemporaine
- Prix Hervé Dugardin qui récompense un jeune compositeur de musique symphonique
- Prix Pierre et Germaine Labole qui récompense un compositeur de musique symphonique dont les oeuvres ont enrichi le répertoire des formations d'harmonie, batterie-fanfares,...

             J'en profite pour glisser une petite information : nous sommes environ 1000 compositeurs de musique "contemporaine" (symphonique ou savante...) inscrits à la Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de Musique ; celle-ci contribuant largement à la valorisation, et la rénumération bien sûr, de ces compositeurs... Il ne faut pas l'oublier.

             Malheureusement, je n'ai pas été retenu pour l'obtention d'un de ces prestigieux Prix SACEM 2006...




              I have presented an entry for the "Prix SACEM" (French royalties society Price) for the year 2006... There are price for young composers, composers who write for wind band, etc.

             For information, in France, we are around 1000 composers (symphonic or "contemporary" music) enrolled to the french royalties society for composers, authors and editors of music ; This society widely contributes to valorize, and of course pay, those composers... Don't forget it.

             Unfortunately, I'm not selected in 2006 to obtain one of the prestigious "Prix SACEM"...


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24 avril 2006 1 24 /04 /avril /2006 12:36

             Le fervent défenseur de la musique française que je suis ou que je saurais être, vous recommande une version des "Indes galantes", de Jean-Philippe Rameau, formidable :

      
        Il s'agit d'une interprétation dirigée par William Christie avec bien évidemment sa formation (orchestre et choeur) "Les Arts Florissants"...

        A noter, le "Clair flambeau du monde" issu du 2ème tableau "les Incas du Pérou", chanté magnifiquement par Nathan Berg (Huascar) et le choeur...

        Avec pour terminer le dernier tableau "Les Sauvages", les "Forêts paisibles" chantées par Nicolas Rivenq (Adorio) et Patricia Petibon (Zima), exceptionnels ; sur une danse aux allures indiennes, en tout cas ce que les européens pouvaient en imaginer, pour un résultat tout de même très drôle ressemblant à une sorte de "danse des canards"... D'ailleurs, on peut retrouver, en bis, cet air, avec William Christie en parfait danseur...


        Au XVIIème siècle, les français étaient, pour les italiens, les allemands, des danseurs et des compositeurs de musique de danse... Il est vrai que la musique de Rameau nous invite indubitablement à la danse...
            
        L'interprétation de Christie est, à mon avis, proche de la vérité...


Et pour le plaisir, un petit extrait d'un autre opéra de Rameau, "Platée" :

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3 avril 2006 1 03 /04 /avril /2006 14:52
op.17
commande de la Fédération Musicale d'Auvergne à l'occasion du 10ème anniversaire de l'Orchestre Régional d'Harmonie Ecole.

d'après Rudyard Kipling, "Histoires comme ça" ("Just so Stories" - "The Butterfly that stamped")

pour saxophone baryton et orchestre à vents

créée le 30 avril 2006 au Théâtre Municipal d'Aurillac, Orchestre Régional d'Harmonie Ecole d'Auvergne dirigé par Claude Kesmaecker, avec Alexandre Doisy au saxophone baryton.


undefined Téléchargez la partie soliste  /  Download the soloist part


       L'Orchestre Régional d'Harmonie Ecole d'Auvergne a souhaité me passer commande d'une pièce pour saxophone et orchestre d'harmonie ; j'ai voulu utiliser le saxophone baryton, car c'est certainement l'instrument que je préfère de la famille...

       Je vous conseille la lecture des contes de "Histoires comme ça" ("Just so Stories") de Rudyard Kipling, l'auteur du célèbre "Livre de la Jungle"... Une certaine morale se dégage de ces contes pour toutes générations...

       "Le Papillon qui tapait du pied" ("The Butterfly that stamped") m'a particulièrement intéressé... De part son exotisme, son charme ; le saxophone baryton soliste incarne la Roi Salomon (Suleiman-bin-Daoud), le couple de papillons joué par les flûtes, et une clarinette est Balkis, Reine de Saba... Les personnages évoluent ainsi dans un décor orchestral merveilleux à l'image des jardins et du Palais de Salomon...
       Ce conte a déjà inspiré nombres compositeurs, comme le célèbre tchèque Buhoslav Martinu, qui écrivit un ballet sur cette histoire.

 téléchargez le conte ici


Ci-dessous quelques extraits de la création de l'oeuvre :


    Commissioned by the Musical Federation of Auvergne (France) for the 10th anniversary of their Regional Wind Orchestra, this piece for solo baritone saxophone and wind band is based on a tale by Rudyard Kipling, the well-known writer of "The Jungle Book", "The Butterfly that stamped" from the "Just so Stories"...
       This tale interested me particularly because of its exotism, charm ; the soloist embody the King Solomon, the butterflies played by the flutes, and a clarinet is Balkis, Queen of Saba... The characters take action in a wonderful orchestral set, as Solomon's gardens and Palace are...
       Many composers were inspired by that tale ; for example, the great czech Buhoslav Martinu wrote a ballet in one act.

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2 avril 2006 7 02 /04 /avril /2006 18:39

             Voici quelques pages d'oeuvres bien connues, essayez donc de deviner quels en sont les compositeurs, et peut-être même quelles sont ces oeuvres...
(déjà des réponses dans les commentaires... à ne vérifier qu'après réflexion...)


1
indice : une marche funèbre en guise de second mouvement...

2
indice : une des mes symphonies préférées des romantiques allemands...

3
indice : symphonie dite "de Paris"...

4
indice : une symphonie caractéristique de part le solo de "Tenor-horn" ou "Tenor Tuba", joué à l'euphonium de nos jours...

5
indice : impressionnisme, gammes par tons,... solo de flûte célèbre au début de cette oeuvre qui devait être l'ouverture d'un ballet à l'origine...

6
indice : les "pom pom pom pom" sont bien visibles sur cette première page de symphonie...

7
indice : travaillée par tous les joueurs de claviers (clavecin, piano,...)... (attention, la main droite est en clé d'ut première, ce qui peut donner un autre indice...)

8
indice : un ballet qui fit scandale à son époque... par contre, cet extrait est bien curieux, car il semble être une ébauche ; il y manque une ligne de cors bien connue, des percussions, etc.

9
indice : air de Leporello... (il catalogo...)

10
indice : la pastorale... (j'en dis trop !)




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23 mars 2006 4 23 /03 /mars /2006 00:08

             A une époque fertile en utopies, la musique, par la plume de Berlioz, eut aussi la sienne : Euphonia ou la ville dont le prince est un chef d'orchestre. Il imagine alors, au coeur de l'Allemagne, en 2344, une ville dont les douze mille habitants sont exclusivement au service de la musique :

                "Les joueurs d'instruments et les chanteurs sont classés par catégorie dans les divers quartiers.                     Chaque voix et chaque instrument a une rue qui porte son nom, et qu'habite seule la partie de la population vouée à la pratique de cette voix ou de cet instrument. Il y a les rues des soprani, des basses, des ténors, des contralti, des violons, des cors, des flûtes, des harpes, etc., etc.
                Il est inutile de dire qu'Euphonia est gouvernée militairement et soumise à un régime despotique. De là l'ordre parfait qui règne dans les études, et les résultats merveilleux que l'art en a obtenus.
                [...] Le signal des heures de travail et des repas, des réunions par quartiers, par rues, des répétitions par petites ou par grandes masses, etc., est donné au moyen d'un orgue gigantesque placé au haut d'une tour qui domine tous les édifices de la ville. Cet orgue est animé par la vapeur, et sa sonorité est telle qu'on l'entend sans peine à quatre lieues de distance [...].
                Des fêtes solennelles rassemblent périodiquement tous les Euphoniens dans un cirque à peu près semblable aux cirques de l'Antiquité grecque et romaine, mais construit dans des conditions d'acoustique beaucoup meilleures. Il peut contenir d'un côté vingt mille auditeurs et de l'autre dix mille exécutants [...].

                Toute composition nouvelle a été étudiée pendant plusieurs jours de répétitions partielles, aucune partie des choeurs et de l'orchestre n'étant admise dans un ensemble avant d'avoir été entendue et sévèrement examinée isolément par les préfets. Ce n'est qu'au terme de ces exercices rigoureux que paraît l'auteur.

                Quand il se reconnaît maître absolu de cet immense instrument intelligent, quand il est sûr qu'il n'y a plus qu'à lui communiquer les nuances vitales du mouvement, qu'il sent et peut donner mieux que personne, le moment est venu pour lui de se faire aussi exécutant, et il monte au pupitre-chef pour diriger.
                Un diapason fixé à chaque pupitre permet à tous les instrumentistes de s'accorder sans bruit avant et pendant l'exécution ; les préludes, les moindres bruissements d'orchestre sont rigoureusement prohibés.
                Un ingénieux mécanisme qu'on eût trouvé cinq ou six siècles plus tôt, si on s'était donné la peine de le chercher, et qui subit l'impulsion des mouvements du chef sans être visible au public, marque, devant les yeux de chaque exécutant et tout près de lui, les temps de la mesure, en indiquant aussi d'une façon précise les divers degrés de forte ou de piano. De cette façon, les exécutants reçoivent immédiatement et instantanément la communication du sentiment de celui qui les dirige, y obéissent aussi rapidement que font les marteaux d'un piano sous la main qui presse les touches, et le maître peut dire alors qu'il joue de l'orchestre en toute vérité [...]."


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22 mars 2006 3 22 /03 /mars /2006 18:25

             Les gens passionnés sont charmants, ils s'imaginent tous que le monde entier est préoccupé de leur passion quelle qu'elle soit, et ils mettent une bonne foi vraiment édifiante à se conformer à cette opinion.

Hector Berlioz, Mémoires

Igor Stravinsky



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22 mars 2006 3 22 /03 /mars /2006 00:46

    Voici un bien étrange orchestre composé des plus illustres compositeurs de l'histoire, essayez donc de les reconnaître...

    Here is a strange orchestra made with some of the most famous composers in history, try to find them...



merci de donner vos idées en commentaire ci-dessous...
thanks to let your ideas in comments below...




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25 février 2006 6 25 /02 /février /2006 14:57

             Après divers essais de "chronomètres" et de "rythmomètres" au XVIIIème siècle, ce fut l'appareil breveté en 1816 par le mécanicien viennois Maëlzel, ami de Beethoven, qui s'imposa. Beethoven fut donc le premier compositeur à "métronomiser" ses oeuvres, et ses prescriptions ont suscité de nombreuses controverses, en raison de leur caractère parfois contradictoire et parce qu'elles supposent souvent des tempi qui ont paru excessivement rapides. Ce qui peut, pour une large part, s'expliquer par la surdité dont il souffrait : "La musique, quand on la pense, remarque Igor Markevitch, se déroule dans un tempo plus rapide et plus incertain que lorsqu'elle est jouée."
             Quoi qu'il en soit, Beethoven, qui interprétait très librement ses propres compositions, en particulier au piano, ne voyait dans ces prescriptions métronomiques que des indications d'ordre général : elles n'impliquaient nullement une exécution uniforme.

             Berlioz a noté des indications métronomiques sur presque toutes ses partitions, y compris pour signaler des modifications de tempo. Mais sa croyance dans les vertus du métronome n'était guère partagée par les autres grands compositeurs de son temps. Un jour qu'à Rome, en 1831, il en vantait l'utilité à Mendelssohn, celui-ci se récria vivement : "Pour quoi faire le métronome ? [...] Un musicien qui, à l'aspect d'un morceau, n'en devine pas tout d'abord le mouvement est une ganache."

            
Weber était aussi sceptique, et Wagner plus encore, qui renoncera aux indications métronomiques après "Tannhäuser". A leur façon, ces compositeurs contestaient déjà l'objectivité du métronome, pour la remplacer par la perception subjective du bon tempo. En fin de compte, andante moderato ne serait-il pas plus "précis", psychologiquement, musicalement, que : la blanche à 60 ?


Richard Wagner sur la direction d'orchestre :

            
"Si l'on voulait résumer en un mot la tâche du chef d'orchestre dans l'exécution correcte d'un morceau de musique, on pourrait dire : indiquer constamment le juste tempo ; en effet, le choix et la détermination de celui-ci nous permettent de reconnaître immédiatement si le chef d'orchestre a compris le morceau ou non. Lorsque de bons musiciens étudient un morceau avec attention, un tempo juste leur fournit presque de lui-même les moyens de trouver une interprétation juste. [...] Mais la grande difficulté à déterminer le juste tempo ressort clairement du fait que ce n'est qu'en connaissant l'interprétation juste en tous points que l'on peut trouver le mouvement juste.
             Les musiciens anciens le sentaient si bien qu'ils employèrent généralement, comme Haydn ou Mozart, des indications de tempo générales. Pour toutes les nuances qui se situent entre allegro et adagio, ils notaient andante : cette gradation on ne peut plus simple représentait l'essentiel de ce qu'ils jugeaient nécessaire en ce domaine. Chez J.-S. Bach, il est fréquent même de ne rencontrer aucune prescription de tempo ; peut-être est-ce au demeurant préférable, d'un point de vue purement musical. Sans doute Bach se disait-il : "Si quelqu'un ne comprend pas mon thème ou ma figuration, s'il n'en sent pas le caractère et l'expression, quel sens pourrait bien avoir pour lui une indication de tempo en italien ?"
             [...] Lorsqu'au cours d'une exécution, de "Tannhäuser" par exemple, il m'arrivait d'entendre un tempo véritablement grotesque, on me donnait invariablement pour excuse que l'on s'était conformé avec la dernière rigueur à mes indications métronomiques. Je compris alors à quel point on devait se méfier de l'emploi des mathématiques en musique."


extraits de "L'art du chef d'orchestre" de Georges Liébert


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